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Noir Solitaire #1 25/08/2024 - 10h34

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L?gend?iaire??

Nous ?tions en 1986? La date n?a gu?re d?importance. Des dates, il y en a eu tant et tant ensuite.

Il me semble avoir ?t? en vacances?: un de ces rares moments de qui?tude propice ? l?errance. Je suis entr? un soir au sortir d?une salle dans l?univers d?un film. Je ne fus pas le seul. Nous f?mes des centaines, semblables ? nous laisser surprendre.

L?Aventure nous a saisi par surprise. Elle ne m?a plus quitt? depuis.

J?ai ?t? lent ? comprendre ce qui arrivait, h?sitant devant les usages, effray? par certains tenants, fascin? par cet univers naissant.

Le personnage existait d?j? mais ce n??tait qu?un fauve qui survivait ? peine, sans m?me le savoir. Il n?avait pas de nom, je lui en ai donn? un. Son histoire commence en un moment terrible? Des hommes l?ont saisi et crucifi?, puis d?autres l?ont d?livr?? une l?gende est n?e. Les jours ont commenc? ? compter? Il apprit qu?il ?tait homme, et que les jours s?ordonnaient en semaines. Les semaines s?encha?naient pour devenir des mois et l?homme-b?te devint un guerrier au service d?un  Prince, d?un Empereur.

Il apprit que les empereurs sont mortels, mais pas lui. Il apprit ? survivre ? ses ma?tres par la force des choses... jusqu?? en devenir un. Aux ann?es ont succ?d? les si?cles, les combats aux batailles, les batailles aux conflits. Puis vinrent les ?poques au rythme lent du temps qui passe inexorable.

Les ?quip?es sauvages des temps h?ro?ques ont laiss? place ? des traques impitoyables. Enfin, de patientes recherches en enqu?tes ?lectroniques, nous nous sommes retrouv?s, une poign?e ? peine, ? l??re moderne, celle de la g?n?tique, bien incapables pourtant d?expliquer tout cela.

Au final, il n?en est rest? qu?un et je suis devenu celui qui dicte sa M?moire.

C?est une sorte d?h?ritage, ? la fois fascinant et terriblement pesant ?: Les souvenirs sont confus, fragment?s, dispers?s entre de multiples personnalit?s, celles de tous les vaincus sans doute, sans qu?il soit possible d?organiser tout ce fatras. Parfois de brutales r?miniscences me rappellent l?instinct animal qui le saisit ? chaque nouveau combat. Certaines choses, ? certains moments, sans raison particuli?re apparaissent incongrues, comme des sortes d?interdits irrationnels?; tandis qu?? d?autres la peur et le courage intimement m?l?s se conjuguent et laissent entrevoir des pouvoirs ?tranges mais pratiquement incontr?lables. Tout cela forme une entit? qui ne le quitte jamais pour le saisir aux moments les plus inattendus. Il survit ainsi, c?est une vieille habitude. C?est devenu plus qu?une raison, c?est un credo?!

MA SURVIVANCE  EST MA RAISON?!

Pu?rilit??? Peut-?tre?! J?en tire insolemment quelque fiert? et vous invite ? p?n?trer discr?tement en t?moin privil?gi? dans cet univers. Prenez garde toutefois ? ne point trop vous pencher car de ??Jumanji?? ? ??Histoire sans Fin??, il n?y a gu?re plus qu?entre conteurs et saltimbanques qui sont tous de fieff?s menteurs??; ils ne vous disent que ce que vous d?sirez entendre.

?tes-vous pr?ts pour cette aventure-l??? Le r?el, les contes, votre vie, les l?gendes, l?Histoire, les peurs de l?humanit?, les grands myst?res, tout y est enchev?tr?, tout est pr?t ? basculer. A chacun de reconstituer Sa v?rit?. Seuls les lieux, dates et personnages prennent parfois quelque consistance. Celles et ceux d?entre vous qui sont b?nis des Muses ou de vrais ?rudits ont quelque chance, un jour ou peut-?tre une nuit, de faire La rencontre. La verrez-vous passer, l?Ombre en p?lerinage?? Elle se rend aupr?s d?une vieille connaissance en un lieu myst?rieux au d?tour d?un clocher, d?un parchemin, d?une pierre grav?e, ou m?me de certains m?andres ?lectroniques??

Peut-?tre ?tes-vous d?j? initi??? Bien s?r, dans ce cas, vous n??tes pas parti ? l?aventure sans pr?cautions, vous disposez de renseignements et peut-?tre m?me de certains talismans? laiss?s ? bon compte comme autant de traces de leur infortune par celles et ceux qui ont perdu leur t?te?? Bien trop nombreux?pour en citer aucun?!

N?allez pas croire ? ce propos que toutes les amulettes se valent, certaines ont r?ellement une histoire. Mais seul celui qui les a cach?es en conna?t la fin. Ces clefs vous seront utiles pour? rentrer ou pour?sortir, de qui?? De quoi?? De l?Histoire ou de votre Personnage?? Vous avez ?t? pr?venus, vous vouliez en ?tre?? J?en suis fort aise?! Eh bien, r?vez donc maintenant.
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Noir Solitaire #2 03/09/2024 - 17h55

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La L?gende de ??Nuit de Lune??

Nous sommes, en cet instant, en terres de l?gendes. C?est un monde merveilleux o? pourtant d?j?, s?affrontent sans piti?, des forces que l?ont dit ??naturelles??. Le Bien, le Mal, n?existent pas encore mais les ?tres sur cette terre d?j? se combattent?

Souvenez-vous?! Merlin, Morgan, Mordred, le petit peuple et le Dragon, la Dame du Lac aussi? et Arthur et Gueni?vre et tant d?humbles ou de preux, qu?importe?! Sur leurs chairs putr?fi?es, p?se d?sormais d?un poids ?gal la terre qui les recouvre anonymement.

En ces temps troubl?s, Morgane cherchait ? armer son fils. En tissant la toile du probable, elle devin?t qu?un troll des montagnes du Nord disposait d?un tr?sor ? nul autre pareil?: des armes enchant?es, des armures mal?fiques, de quoi ?quiper une arm?e. Cette arm?e qu?elle appelait de ses v?ux pour reprendre le tr?ne qui revenait ? Mordred.

Elle fit ce qu?elle estimait juste et ce que savait faire les sorci?res d?alors. Elle s?empara ainsi de l?animal tr?sor et choisit pour Mordred une arme ?trange qui chantait en dansant son macabre ballet. Il lui semblait qu?une telle arme enchanterait son fils et serait le pendant de cette Excalibur dont Arthur se para?t.

Mordred grandit avec cette arme ?trange qui ne semblait prendre pleinement vie que lorsque la lune brillante, s??levait haute et pleine dans les cieux ?toil?s. Toutefois, il ne parvint  jamais vraiment ? la consid?rer comme sienne?; l?arme ?tait de caract?re et c??tait un homme qui ne tol?rait pas la moindre contrari?t?. Malgr? les avertissements de sa m?re, qui savait par magie de quoi cette arme ?tait capable, c?est avec sa lance qu?il tenta de porter, ? son p?re, le dernier coup fatal?

On sait ce qu?il adv?nt de Mordred et d?Arthur et m?me de Merlin ou Morgan, mais de l?acier anonyme souill? du sang des braves, seule la terre peut-?tre ret?nt, comme le go?t amer.

Le temps passa et les brumes sur les lieux de la bataille bien des fois?, revinrent recouvrir les pitoyables vestiges de cet ind?cent affrontement. La magie peu ? peu s??tiola avec l?exil lent et inexorable d?Avalon. Les enchanteurs n??taient plus, un Dieu unique s?imposa. Alors, la for?t repoussa, les animaux revinrent et avec cette vie qui reprenait ses droits r?apparut l?homme qui s?approprie et r?gne sans partage.

Un b?cheron sans ma?tre, homme frustre mais puissant physiquement, inconscient du lieu qu?il profanait de son insondable ignorance, en abattant un aulne aux proportions ?tonnantes, fit cette ?trange trouvaille?: une dr?le de lame avec un manche presque sans garde et de curieux motifs damasquin?s sur une seule face. De m?moire, il pensa ? ces ?p?es dont les vieux parlent le soir aupr?s du feu quand le froid vous saisit aux ?paules et que l?homme aime ? trouver le r?confort dans la proximit? de ses semblables. Rien ne le mena?ait, m?me pas les ours et certainement pas les loups dont il aurait ais?ment broy? les os d?un coup de son merlin. Mais l??p?e, trop longtemps oubli?e, avait besoin d?un ma?tre. Elle avait soif de sang comme un d?mon a soif de malices.

Celui-ci ou un autre qu?importe quand on a faim ou soif, on ne fait pas le difficile. Le b?cheron mit l?arme dans son bagage et l?oublia un peu. L?hiver venu il arriva dans un village du Kent o? il avait ses habitudes et une femme qui l?attendait.

L?, le destin le rattrapa sous les traits d?un amant qu?il trouva dans la couche qu?il estimait comme sienne. La col?re le saisit, et la m?moire lui revint de cette ?p?e qu?il avait dans son sac. Une id?e lui traversa l?esprit, fugace, comme il n?aurait jamais d? en avoir. Etait-elle de lui cette id?e?? Ou l??p?e assoiff?e s??tait-elle rappel? ? lui sous cette forme. Passe encore de massacrer son rival honn?tement d?un coup de hache?! La populace ivre de col?re et de mauvaise bi?re ne lui pardonna pas de s??tre pris pour un chevalier en estoquant ainsi le jeune homme et la femme. L??p?e chanta et dansa un court instant avant que ne tombe le b?cheron pris de folie, sous un mauvais coup de fourche dans le dos?

L?histoire est parfois cruelle? Le jeune homme mourut? il f?t port? en bi?re dans l???glise et une main innocente posa ? c?t? de lui l??p?e encore ruisselante de sang comme si ce geste pouvait att?nuer la peine de la victime. Une vieille veilla le corps du jeune homme ? la lueur de mauvaises bougies. La nuit passa comme passent les nuits d?automne, froide, longue et peupl?e de chim?res? Or, tandis que le jour commen?ait ? poindre derri?re les collines bois?es loin vers l?Est, survint un ?v?nement qui allait changer le cours de bien des destins?

Un r?le rauque tout soudain s??leva du cercueil comme une d?livrance particuli?rement difficile. Le jeune homme fra?chement trucid? s??veilla d?un cauchemar totalement douloureux. Il avait ?t? tu?, il ?tait mort et maintenant une vieille hurlait en le voyant se redresser? Ses cris d?orfraie r?sonnaient dans l??glise qui tr?nait au milieu du pauvre village.

Le jeune homme avait pour nom Salaman comme son p?re, et le p?re de son p?re et sans doute bien d?autres avant lui. Il vit son malheur dans le visage horrifi? de la vieille, il vit sa condamnation dans les signes de croix du pr?tre qui accourrait, il entendit dehors l?attroupement qui se formait et se rappela le lynchage de celui qui l?avait tu? et l??clair de folie meurtri?re qui animait les yeux de son meurtrier? Il vit l??p?e pos?e entre ses jambes dans le cercueil, cette arme qui ne voulait pas ?tre de nouveau oubli?e, cette arme qui l?avait peut-?tre ramen? d?entre les morts? Il prit l??p?e et courut loin, tr?s loin. Il traversa la petite mer et disparut de Bretagne pour? toujours.

?
??- La suite des ?v?nements est plus floue, votre Eminence. La femme dit que l?homme a g?mi et puis s?est anim?, sans doute m? par un d?mon. Il a fait grand carnage des braves gens qui accourraient, craignant un drame et puis s?est enfui avec un hurlement, on aurait dit un leu?!??
?

Salaman v?cut par le fer. Il devint un grand guerrier et v?cut de nombreuses vies d?homme, sans jamais comprendre ce qui lui arrivait. Ce n??tait pas un brave mais il allait l??me tranquille et la mort ne lui ?tait pas un probl?me, surtout celle des autres. La mort des autres lui faisait du bien et son ?p?e ?tait toujours ? ses c?t?s comme un? talisman?! Il allait de combat en combat, d?escarmouches en batailles? Parfois, il se sentait attir? vers un de ses semblables et le tuait en combat singulier.  A chacun de ces combats, il devenait plus fort. Le jeune homme dev?nt un vieux guerrier sans pour autant que son corps ?volue, les blessures disparaissaient, les douleurs s??vanouissaient, comme le plaisir qu?il ne trouvait plus gu?re quelque soient les bras qui s?ouvraient tendrement ? ses ?treintes viriles.

Les chefs de clan devinrent des seigneurs, les seigneurs devinrent des Ducs et les Ducs accouch?rent d?un Empereur, Charles le Magne. Charles fit de Salaman l?un de ses ambactes, c??tait un grand honneur pour un homme sans origines. Charles ?tait intrigu? par l??p?e plus que par le guerrier, l??p?e le fascinait. Il ne se lassait pas du son de ses ?volutions lorsqu?il faisait bataille et que le sol rougissait du sang ennemi.
Un soir de beuverie Salaman le jeune raconta sa vie, sa l?gende, ? la fratrie guerri?re aussi avin?e que lui, qui ne le cr?t point. Comment auraient-ils pu?? Par d?rision pour ce h?bleur, par respect pour ce beau conteur, Roland le railla en le surnommant Salaman l?Anc?tre, et ce surnom lui resta.

Mais Charles le Magne avait dans le regard une lueur d?envie. Il ?tait Empereur, l?ami d?un pape qui lui avait r?v?l? certains secrets. Lui, l?Empereur ne vivrait jamais autant que son f?al Salaman. A moins que, peut-?tre si l??p?e devenait sienne? L??p?e? L??EPEE?! Le secret devait ?tre dans l??p?e. Mais le pr?tre l?avait pr?venu?: l??p?e ?tait maudite? et son chant ?tait si beau, particuli?rement ? la pleine lune. Comme le sont les promesses des diables??!

Une autre ?p?e autrefois avait fascin? un homme. Cette autre ?p?e qui avait fait perdre la t?te et la vie et son royaume ? Arthur?: Excalibur?! Quel rapport pouvait-il y avoir?? Pourquoi pensait-il ? Excalibur, lui, l?Empereur chrestien, en admirant cet ?p?e d?un autre ?ge??

Les songes d?un Empereur sont-ils inspir?s?? Une nuit, un r?ve vint , qui resta au matin dans les limbes du conscient. A l?entra?nement du matin, il s?approcha de Salaman ? la quintaine et sans trop savoir pourquoi abruptement, lui dit : Ton ?p?e a un nom, elle s?appelle Nuit de Lune?! Salaman h?sita devant la soudainet? de la remarque mais l??p?e ? son bras manifesta sa satisfaction?! La frappe fut telle que l??p?e chanta en plein jour et la quintaine fractur?e, vola au sol? en deux morceaux?!

La suite et la morale de cette histoire?? C?est dans une autre l?gende qu?il vous faudra chercher?! Rares sont ceux qui s?y sont aventur?s? Vous voil? pr?venus, les suivants s?il en reste sauront exactement pourquoi risquer ainsi d?y perdre vie et ?me?!
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Noir Solitaire #3 03/09/2024 - 17h59

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La fin d?un capitaine

R?cit du combat entre EURYGIES et NOIR SOLITAIRE?
Porte Sud, dite de ??St Jacques??

Il attend? calme? en apparence au moins? mais sa main, sur ma garde, je la sentais crisp?e, comme lorsque d?un coup de taille, il me d?sire tranchante. Bient?t, ce sera? Ironie? D??tre le premier, je le per?ois heureux, tr?s satisfait de guetter, tel le chat, les Autres qui approchent. L?un est velu, puissant, s?r de lui, fier de sa lame et de ses trop faciles victoires?! je le m?priserai? L?autre est? h?sitant, l?esprit en compromis, n?cessit? et d?plaisir, la lutte lui est incertaine? Trop contrari? pour avoir l??me pr?cise et lame s?re?! Il sera mien sous peu, je le veux et d?ailleurs lui aussi il attend cette d?livrance?

Salamalecs, attitudes grotesques? La pr?sence est trop forte, il faut qu?ils se lib?rent?! Tiens? Un insignifiant?? Tout orgueil d?avoir ?t? convi?? Il a de la chance que Muse soit en lui? Bah?! Maintenant il est temps, la pierre de leur sang depuis maintes blessures, a bien ?t? gorg?e?: il a le dessus et m?irrigue de sa Force?! Ouiii, charge?! Feinte t?te, COU?! C?est ? moi, d?sormais je m??chappe, et vers ce cou offert, mon tranchant taille sans effort? Sifflement, craquement sec?

Oui, c?est bon?! Encore, encore?! Il ?tait grand temps car, depuis Salaman puis Ben Almanet, plus de 200 ans sans rien qu?insignifiants, j?ai bien failli attendre?! Solitaire Noir? ce soir, par d?sespoir et rage, je m?attache, tu m?acquiers?d?finitivement ! Je serai tienne et sous la lune pleine, sers moi bien d?sormais??! Que le ciel se charge de sombres nu?es et que le vent, mon alli?, souffle fort en ces lieux?!

Il s?appelait EURYGIES, ses hommes l?appr?ciaient, c??tait un excellent capitaine.  Ce soir-l?, sur la Porte Saint Jacques, il monta bien arm?, la mine grave, interdisant ? quiconque de le suivre?

La lune ?tait pleine, dans un ciel encore ti?de d?une torride journ?e. Le soleil s?effa?a d?un coup sous un sombre linceul? Il y avait combat sur la plus haute tour, d??tranges personnages se mouvaient incertains et pour s?r, le Malin devait y ?tre aussi pour ainsi d?cha?ner, abruptement les Cieux?!
Soudain, un lent cri de douleur et de d?livrance, ponctu? d?un long ?clair pourpre incendia la tour.  L?orage ?clatait, particuli?rement violent.  Parthenay eut peur, une de ces peurs absurdes, irraisonn?es et totales?! Nul n?osa plus vers les Cieux regarder au del? des cr?neaux?
C?est dommage?! Nul ne v?t donc, l??trange d?mon noir, dansant dans la tourmente et bondissant de cr?neau en cr?neau, sa grande ?p?e dress?e avant de dispara?tre dans un tourbillon comme chevauchant le? vent?! Une autre forme, comme une torche vivante, s??lan?a dans le vide et chuta dans l?eau glauque du foss? ? sans aucun bruit? pour ne plus jamais repara?tre?

D?Eurygies au matin, on ne retrouva que ses armes, souvenirs d?risoires, ainsi qu?un barde qu?il avait convi? pour l?occasion, inconscient ? m?me le sol et gravement br?l? qui surv?cut pourtant ? moiti? fou. Il court encore le monde ? la poursuite d?on ne sait quoi, on ne sait qui ou quelles r?mes?! Padrag ab Ogor, tu d?tiens, il est vrai, un tel secret?


...combat organis? Tour St Jacques, un soir d?orage,
lors du festival du jeu de Parthenay (F.L.I.P.) fin des ann?es 80 (XX?me si?cle).

Cycle du feu
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Noir Solitaire #4 03/09/2024 - 18h00

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Extraits de ??Contes de l?Interdit Lointain??
La Nuit des Loups, 1477 le 3 janvier???
R?cit du combat entre BEN ALMANET et SOLA?

Le ciel lourd, bas et gris, n?annon?ait rien de bon, ce matin d?j?, pour la courte journ?e ? venir? La plaine en partie inond?e, disparaissait au loin dans les brumes glac?es d?un hiver interminable. Une bataille s?achevait. D?autres que moi, artistes sobres ou fous l?ont habill?e de tons cendres, terre et azur pour le plaisir des princes et pour mieux la coucher sur la toile du peintre. Ont-ils donc oubli? ces tons de gueule qui rugissaient de d?pit aux jointures des armures souill?es, et les noirs caillots que se disputaient bruyamment corneilles et grands corbeaux,?et la peine des montures errant sans ?me dans les anciennes p?tures??

Dans ce vaste charnier boueux et glac?, les valets des vainqueurs mis?ricordieux un peu les vaincus et les d?troussent beaucoup. Les loups de leur c?t?, mes amis, mes compagnons en terre de sauvagerie ne laissent pas leur part aux chiens, l?ch?s par quelques paysans pour une exceptionnelle pitance.

C?aurait pu ?tre une belle bataille, oui?! Pourtant?? Les Lorrains ?taient d?termin?s ? en d?coudre, mais les eaux boueuses de la Meurthe toute proche, la boue gel?e jusqu?aux genoux parfois, la dysenterie et la faim se sont conjugu?es pour affaiblir l?Arm?e de Charles. Heureusement, qu?il lui restait un peu de son prestige et surtout sa folie meurtri?re pour resserrer les rangs? Qu?importe, le T?m?raire est mort maintenant?! Il a ?t? piqu? d?un m?chant coup de lance bien ajust? dans le dos par un nobliau lorrain qui en mourra de regrets. Et les loups, mes chers loups, une fois encore nourriront la l?gende, en le bouffant lui aussi??!

Qu?importe le sort de ce camp ou d?un autre, ce soir, je suis d?Humeur et la lune sera haute et pleine dans des cieux, lav?s de toute souillure par la froide parure de l?hiver?; ma lame sifflera joyeuse? Ben Almanet, tu avais choisi le bon camp mais cette nuit tu quitteras tes quartiers car nous devrons nous battre?

Je suis l??! Tu le sais bien?! Nerveux?? Je t?attends, viens?! Porte de la Craffe? Il n?y avait que deux gardes? Je t?attends ? ce m?me endroit o? je t?ai vu tout ? l?heure saluer et f?ter ton Ren? II pour sa victoire. Cette nuit, je vais le priver d?un combattant valeureux?!

Nuit? Froid? Cendres et fum?es? Malgr? les ans et les combats au d?compte impossible, je tremble? Ni de peur, ni de froid, non?! C?est l??nergie qui s?accumule? Te voil??? Recoin d?ombre, reflet d?incendie, regrets inutiles, tu n?as pas eu le temps n?cessaire pour te pr?parer, ton ?me n?est pas assez tremp?e?! Dans ta m?moire, quelques silhouettes tombent fugaces, et s?estompent la t?te tranch?e?  Tes yeux sont inquiets, comme ton esprit qui vrille, trop discret, trop distrait, craignant quelque tra?trise? Qui sait?? Je n?en ai nul besoin mais quelques unes en r?serve? Frappe et taille jambe gauche, flanc droit, ventre en estoc et le cou pour finir?! Tu t?es laiss? surprendre, ta garde ?tait trop haute?! Il est trop tard pour regretter, adieu Ben Almanet ou plut?t bienvenue, ce soir je venge ce fou de T?m?raire?!

Au loin un loup hurla?!
Dans les corps de garde, on festoyait?!
Porte de la Craffe, soudain une t?te roulait?! Une de plus?!

...combat organis? ? 2h00 du matin, Porte de la Craffe ? Nancy,
un certain 3 janvier 1987 (510 ans tip top apr?s les faits)
Sous l??gide du club ??les Loups du T?m?raire??

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Noir Solitaire #5 03/09/2024 - 18h01

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Lugdunum? en?? c??tait encore la capitale des Gaules?!
R?cit du combat entre DAI BAKEMONO et PERCEVAL?

J?ai parcouru beaucoup de chemin pour te trouver. Je sais que tu es l?. Tu sais que je te traque. Tu te dis ??grand chevalier?? mais malgr? ta bravoure et ta grandeur d??me, tu n??galeras jamais un fils du Mont Bleu ?lev? dans l?esprit du Bushid?.

Ta l?gende a travers? les si?cles et ton nom est c?l?bre?; le mien t?est inconnu car j?ai su passer inaper?u tel le cam?l?on qui chasse la mouche insouciante et sans d?fense.

Maintenant l?heure est venue, nous sommes face ? face et aucune d?robade n?est possible. Oui, Perceval, dans ta brillante armure bat un c?ur comme le mien?; un c?ur qui bat depuis trop longtemps et qui ne s?arr?tera vraiment que si ta t?te se d?tache du reste de ton corps. Nous nous saluons et nous nous mettons en garde. L?esprit d?tach?, nous nous observons longuement, regard dans regard, nous restons ainsi fig?s, tr?s longtemps, ? nous maudire, puis l?espace d?un instant, ? nous comprendre. Et enfin, je sens ta volont? d?attaque. Nous nous jetons ? la rencontre l?un de l?autre, lames dress?es?; nos ?nergies se percutent de plein fouet, choc titanesque, nos esprits appr?ciant davantage encore la subtile limite entre la vie et la mort, limite t?nue, aussi fine que le fil de nos deux lames?

Adieu Perceval, ce soir, ton ange gardien ne t?a pas pr?serv? et mon tengu comme d?accoutum?e ne m?a pas tromp?. Ma lame tranchant, de ton sang est souill?e et ta t?te roule sur les pav?s. Me gavant de ton ?nergie, je lance un long cri de jouissance et de douleur dans la nuit qui s??toile pour moi et se constelle d??clairs?! Ta l?gende restera ? jamais grav?e chez les mortels, mon nom te sera toujours inconnu mais une ?nergie d?sormais plus grande m?investit et ma lame tranchera de nouveau?

??!
...combat organis? lors de la NUIT DU JEU en 1988 ? Lyon en pr?sence du Conservateur des Exploits de la Loge des Veilleurs occitans et de membres des Semaines de l?Hexagone.

Cycle du Feu
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Noir Solitaire #6 03/09/2024 - 18h01

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Mort de Zoikoss
R?cit du combat entre YEUN AR LABOUSHEOL et ZOIKOSS

Aujourd?hui, 6?me jour du 8?me mois de l?an de gr?ce 1988, alors que j??tais de passage dans ma ville natale pour honorer les miens, je sentis la pr?sente souillure d?un autre immortel en mes terres. Zo?koss bient?t se pr?senta ? moi. Ce vil chien osa me d?fier sur la terre de mon ?veil. Nous nous retir?mes en un lieu tranquille ? l??cart des foules toujours denses en cette p?riode.

Zo?koss se pr?senta ? moi, brandit son talisman, mien troph?e d?sormais, une cha?ne munie d?un carr? de m?tal portant son nom et me salua d?une bord?e d?injures. Je me pr?sentai alors en ces termes?: moi Yeun, r?cent vainqueur de la Plume Blanche et du Tork dont l?embl?me est le drapeau ? la t?te fra?chement coup?e et le talisman?: la rune et le trisk?le, sais que ce soir j?aurai ? nouveau connu la gloire de la force. Cr?ne Rouge te coupera la t?te. Il posa sa seconde ?p?e et nous nous m?mes en garde.
    Sous un soleil de plomb, digne des Cara?bes, j?attendis serein son attaque. Perdant rapidement patience, il m?attaqua, je parai ais?ment. Puis, je ripostai d?un ma?tre coup qui lui ouvrit l??chine. D?s lors le combat tourna nettement ? mon avantage?? Lors du troisi?me engagement, j??chouai pr?s du but lui coupant l?oreille en sa moiti? et ?tamant son cr?ne. Il en ?br?cha sa m?chante ?p?e sur un rocher? Je le laissai la changer.

Peu de temps apr?s et quelques passes incertaines plus tard, il rompit sa seconde lame?; je me moquais de lui alors qu?il reprenait la premi?re. Lors de notre avant dernier assaut, il rompit encore cette lame. Que de fougue et de force inutilement gaspill?es?! J?en ?br?chai Cr?ne Rouge?; il fit alors une bien belle parade, ultime sursaut d?un combattant ?puis? et glissa dans l??lan me permettant ainsi de le d?capiter.
Je pris la force, puis avant d?abandonner l? le corps, je lui retirai son talisman par la nette section que j?avais pratiqu?e.

...combat priv? conclu dans les ann?es 90 (XX?me si?cle) quelque part en Bretagne.

Cycle de l'eau
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Noir Solitaire #7 03/09/2024 - 18h01

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Quelques Solstices plus tard
R?cit du combat entre NOIR SOLITAIRE et les jumeaux EARTHFIRE
Bourg de Saint Michel, roche saturnales.

De ces deux-l?, rien ne subsiste plus?!  C?est ?trange?! M?me dans le gave imp?tueux de ma m?moire, l? o? d?ordinaire les souvenirs se bousculent en un formidable flot , rien ne semble plus vouloir ?merger de ce pass?, pas si lointain que cela. Pourtant, je sais que je dois y aller?! C?est le moment?! Une fois de plus, je vais me rendre l? o? sont tomb?s les fr?res Earthfire?! A l?endroit o? ils n?auraient jamais d? me convoquer?

Je monte lentement une sente minuscule. Elle s?enroule le long de la roche en ?pousant ses formes ?rod?es. Elle permet ainsi presque tendrement de se hisser sans peine tout en haut de la plus haute des ??Dames??. De la main gauche, machinalement, je caresse la pierre si particuli?re sans avoir besoin de jamais m?appuyer malgr? le d?nivel?. Inutile de me h?ter, rien ne se passera  avant que le soleil du Solstice ne jette paresseusement ses derniers rayons sur le calcaire fatigu? de cette tr?s vieille roche. En bas, dans la proche vall?e, la Meuse langoureuse aux m?andres calmes semble dispara?tre dans la douce torpeur des ombres qui s?allongent? La vieille cit? d?di?e ? St Michel s?endort comme elle vit ? l?ordinaire?: dans les volutes l?gers, d?une brume paisible qui se r?pand paresseusement dans les ruelles ?troites.

? Pourquoi dois-je revivre r?guli?rement cette sc?ne?? Qui ?taient-ils?donc?pour que les ?l?ments leur accordent un tel ?cart avec les lois de notre survie ? Dans un instant, d?abord je sentirai la roche vibrer l?g?rement?; puis, je tendrai Nuit de lune vers le ciel et recevrai une l?g?re acc?l?ration, ? nulle autre pareille, comme des bulles de champagne, quand elles semblent se h?ter, mais avec lenteur, vers la surface du breuvage? C?est un sentiment trouble?! D?ordinaire l?acc?l?ration est violente, presque douloureuse, comme la mort physique que j?ai tant de fois ressentie. L?, il s?agit d?une sorte de caresse, d?un souffle b?n?fique qui fait chatoyer tout mon ?tre. Rien ne me semble comparable? Sauf peut-?tre, le bien-?tre que l?on ressent, parfois, quand, gav? de fruits et de soleil, on parvient ? s?endormir vraiment face au large sur une plage des Tropiques?

Mais d?abord me souvenir?

??Insignifiants??, c?est le qualificatif le plus pertinent qui convienne pour me les rem?morer lors de notre rencontre. Je ne les avais d?ailleurs m?me pas clairement identifi?s. Ils venaient de s?asseoir ? la table juste ? c?t?. Quand leur regard a crois? le mien qui errait, tranquille sur la tabl?e voisine, un groupe de militaires du 151? R.I, j?ai su que le soir m?me je devrais combattre. Sans ?motion particuli?re, cette ?vidence s?est impos?e. Je n??tais m?me pas ?tonn?? On aurait dit 2 adolescents qui s?appr?tent ? faire une b?tise. Dommage, la soir?e ?tait agr?able en ce d?but d??t?. J??tais venu l? pour boire un vin de Moselle et regarder le soleil se coucher tranquillement sur ce fleuve, endormeur et doux.

J?ai hauss? les ?paules quand ils sont mont?s et je les ai suivis. Quelle d?rision?! Choisir de mourir un tel jour, un tel endroit.

?

Le souvenir de ce combat d?ferle soudain en moi ! Comme un flot tumultueux trop longtemps contenu? Deux, ils ?taient deux et bien que jeunes, l?exp?rience m?a appris, parfois cruellement, ? ne jamais m?priser l?adversaire. Leurs ?p?es ?taient vulgaires, presque neuves, je n?avais nul go?t ? en t?ter le fil. De toute mani?re, je n?avais pas le choix, ils manoeuvraient pour se placer de chaque c?t?. Mais l??troitesse du lieu me permettait de parer ais?ment ce genre de man?uvre. Par contre pour placer une frappe au cou en franchissant deux lames, juv?niles mais d?termin?es??? Heureusement, ils ?taient lents, de cette lenteur laborieuse acquise dans les salles d?armes occidentales ? croiser le fer contre des veaux?! L?attaque, leur attaque est partie simultan?ment?: banderille flanc depuis un chemin vertical ? parer en quinte ? deux mains. C?est venu tout seul? Un pas en avant accroupi l?g?rement d?sax??en dextre, au lieu de parer j?ai frapp? une glotte offerte ? ma droite presque avec ma garde? Les corps me d?passent, emport?s par leur ?lan, je me redresse, tourbillon l?autre t?te roule, il n?a pas d? comprendre ce qui lui arrivait ni voir son fr?re tomber ? ses c?t?s? Le temps s?est arr?t??! Tout ?tait fig??! Pourquoi?? Pourquoi l?acc?l?ration n?est-elle pas arriv?e?? Les corps au sol, de mes deux adversaires ont paru d?abord onduler, puis vibrer tr?s doucement  et je les ai vu dispara?tre comme absorb?s par la roche?

? Longtemps ? Tr?s longtemps apr?s ces ?v?nements ? Plusieurs vies plus tard et plusieurs combats aussi ?

L?homme est? rugueux?! Mal ras?, fatigu?, pauvre mais fier de son travail. C?est un paysan qui, de par son ?ge, n?a pas ?t? mobilis? pour cette guerre dont on dit qu?elle fut la 1? Mondiale. Ses fils, peut-?tre, sont au front??  Il regarde entrer les 2 militaires, un officier et son ordonnance, avec cet air las de ceux qui ont tout donn? dans une trop longue journ?e de travail. L?officier a l?air s?v?re d?un ? officier dont l?arm?e est en guerre. L?ordonnance calme mais servile, d?gage la chaise que le paysan a montr? d?un geste d?invite de la t?te.

L?officier questionne un peu? l?homme r?pond calmement en dodelinant de la t?te. Mais l?interrogatoire prend soudain une tournure inattendue? On voit le paysan se redresser sur sa chaise et son regard retrouver de la vigueur. De son c?t?, l?Officier se raidit et fait signe ? son ordonnance de bien tout noter?
??- Ah ?a pour s?r, Monsieur l?Officier, vous l?avez manqu??! L?homme en noir est bien venu? hier soir, le Solstice c??tait hier?! ma grand-m?re m?avait annonc? sa venue mais je ne savais pas en quelle ann?e, il viendrait? Il est apparu vers 22h00 juste apr?s ma derni?re visite aux b?tes, le soleil se couchait derri?re les saules l?-bas, l?ombre ?tait presque ? l?abreuvoir de droite? M?me que tout ?tait orange avec ce soleil rasant, surtout les Roches. Les ??Dames?? avaient mis leurs beaux atours, elles devaient s?douter d?quelque chose? J?ai ?t? un peu surpris quand il a pos? sa main gant?e sur mon ?paule, mais gu?re plus qu??a en fait. On aurait cru qu?il ?tait? sorti de l?ombre. L?a rien dit, j?lui ai ouvert la porte de derri?re et il est mont?.
On a beau savoir qu?il viendra et c?qui va s?passer mais ?a vous secoue quand m?me? Il y a eu des ?clairs, mais sans tonnerre, pourtant le ciel ?tait clair?? En m?me temps, le haut des Dames qui ?tait encore ?clair? par l?soleil est devenu tout rouge, presque brillant. On l?a vu qui tournait lentement sur lui m?me ? quelqu?centim?tres du bord, c?est pas prudent, avec sa grande ?p?e point?e vers le ciel. ?a a pas dur?? pas tr?s longtemps, et puis le rouge s?est assombri et tout est devenu sombre, tr?s sombre, presque noir, mais y?faisait pas nuit j?vous jure. Il a disparu. J?ai eu comme un frisson?!
? et alors??
Ben, j?crois bien qu?il savait que vous viendriez. Parce qu?il est r?apparu aussit?t apr?s ? la porte. Il m?a tendu cette pi?ce et il m?a dit?: ??Tu lui donneras?!??. J?crois que c?est pour vous?! De toutes fa?ons, je peux pas la garder, c?est pas une pi?ce de notre gouvernement?!
L?homme tend alors ? l?Officier, une grosse pi?ce en or. Sur la face, il y a l?effigie de Napol?on III avec sa barbiche, une belle pi?ce comme on en frappait au si?cle pass?? L?Officier hausse le sourcil, il ne comprend pas.
R?gardez d?l?aut?cot??!
La solution est effectivement de l?autre c?t?. Il y a une inscription ? la place de la valeur nominale ??Donec Moveantur??.?
L?Officier a compris?! Il regarde le paysan d?un air mauvais, puis soudain presque sans raison lui sourit?!
- Tiens?! dit-il en lui tendant une autre pi?ce, une vraie cette fois, ??tu l?as bien m?rit?e?! Quand il reviendra??? Dis ? ton fils ain??de lui transmettre ceci?: ??Hugues Dorian de Yesterlak  y sera !??.

...combat priv? dat? du Solstice d??t? 1992? en pr?sence de plusieurs Chevaliers des Ducs de Bar.

Cycle des Cendres
Noir Solitaire
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Noir Solitaire #8 20/09/2024 - 21h39

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Au c?ur de la fournaise: Ming Li Woo et Noir Solitaire. ??1820?? Acte I
Provence, terre de contraste ? Cama?eu de vert et noir sur les monts incertains ?cras?s sous juillet ? Fragrances bleu et ocre pour la c?te qui vacille sous l?avide mistral lorsque ce vent par contentement rugit de mas en clochers ?
Le Lac de Sainte Croix plusieurs centaines de m?tres plus bas para?t bien calme, avec ses eaux couleur ?meraude. Depuis le belv?d?re de Moustier, juste ? l?instant de mon envol pour un long plan? en solo, c?est un souvenir brutal qui m?assaille ?  comme une vieille ranc?ur, quelque chose que l?on a manqu? mais auquel on a surv?cu.
C??tait il y a, 200 ans plus ou moins exactement?!

Ming Li Woo? celui qui parle aux ?l?ments?! Mon ?me rugit de haine, bri?vement, au souvenir maudit de cet ?tre m?prisable.

Nous allions sur une mauvaise sente au rythme lent mais assur? de nos bonnes montures. L?humeur ?tait tranquille, et le moral au beau. La troupe marchait sur Bargemon passant par les hauts, entre un bourg chevrier nomm? Claviers et le village de Callas. Nous venions de Brignoles depuis Roca-Bruna pour r?pondre ? l?appel d?un baron. Le bougre tentait de liquider une m?chante bande de coupe bourses qui ran?onnaient les voyageurs et ruinaient ses f?aux.

La France d?alors, exsangue, ?tait encore en partie occup?e de troupes ?trang?res. Il ne faisait pas bon avoir ?t? un fid?le, un grognard, soldat de l?Empereur ? mais la Provence est loin des terres de pouvoir? la Gendarmerie ?tait plus occup?e ? surveiller le bagne ? Toulon qu?? se soucier de quelques malandrins... J?avais donc rejoint une troupe d?hommes comme moi, anciens Dragons, et nous vivions de notre art dans le souvenir d?un Empereur ? nul autre pareil, quoique? si j?avais pu leur dire qui ?tait Carolus le Magne alors??

J?allais en t?te avec Da? Bakemono mont? sur Kikusiu, un magnifique ?talon arabe, pas tout ? fait dress? qu?il venait d?acqu?rir et dont il faisait grand cas.

L?heure de la figue ?tait largement pass?e lorsque nous descend?mes vers les gorges. Il ne restait plus ensuite, qu?une derni?re mont?e pour atteindre la maison forte de notre h?te, bient?t notre employeur.

Da? Bakemono avait l?habitude d?honorer les coutumes de son pays natal en baptisant les heures du nom d?un animal ou d?une plante. Cette manie  nous amusait tous. Elle allait sauver la vie de plusieurs de mes compagnons et la mienne ?galement. Il ?tait donc vers les 18h00 puisque les figuiers bordant notre route exhalaient leur puissante odeur si caract?ristique.

La conversation tournait en boucle depuis notre d?part.

Da? Bakemono ?tait perplexe, il ?tait Bushi de la noble tradition japonaise et ne parvenait pas ? saisir ce qui m?animait, la rage de survivre qui s?emparait de moi ? chaque combat.

To be or not to be?? Est-ce bien l? toute ta question??
Non, ce serait plut?t ETRE OU N?ETRE RIEN?
Je pense mon ami que tu es dans l?erreur, je crois plut?t que tu estimes ne pas avoir peur de la mort puisque tu n?es pas n???
Peut-?tre?? C?est ainsi? Cela comporte quelques inconv?nients?!
Certes, il ne fait pas bon ignorer ses origines?
Non, ce n?est pas cela. Mourir n?est pas un probl?me, cela nous est arriv? tant de fois. Mes origines m?importent moins que ma premi?re nourriture. Il est simplement inenvisageable que quiconque me ??mange??.
Tu fais r?f?rence ? la B?te qui sommeille en toi, mais c?est une pure construction de ton esprit.?Tu ne peux rien b?tir sur une telle incertitude?! Je suis un Guerrier et je me bats par Honneur et Esth?tisme, je ne pourrai affronter le moindre vaurien sans cette certitude?
Eh bien moi, je ne sais pas qui j?aurai pu ?tre et d?o? je viens mais ce que je suis devenu me suffit. Je n?ai nulle envie de devenir quiconque autre un jour, c?est tr?s bien ainsi.
Tu suis une voie dang?

Tir?e par un archer en partie masqu? par un gros rocher, la fl?che alla se ficher rudement dans l??paule de Da? Bakemono qui manqua d??tre d?sar?onn? pour le compte. Elle fut suivie de plusieurs autres dont certaines frapp?rent des compagnons derri?re moi. Apparemment 3 tireurs, impossible de nous d?ployer, la sente ?tait ?troite et les fourr?s alentours fort denses.

Demi-tour vite, embuscade?!

Ma monture couch?e ? terre,  je pus saisir mon fusil hors de son ?tui et tirai un coup en direction des assaillants.  Da? Bakemono avait fait de m?me mais tentait d?arracher le projectile qui allait le g?ner pour la suite de cette affaire. Tout en grima?ant, il me dit?:
Tu as ressenti?la pr?sence ? Un des n?tres, il est hostile est tr?s proche. .
Je n?avais pas la m?me aisance que Da? Bakemono dans l?art subtil de l?haragei mais suffisamment pour ?tre troubl? par ce que je ressentais?:
C?est un faible, sa pr?sence est intermittente. On croirait le flux et le reflux d?une mar?e de solstice? Il en veut ? qui ? ton avis??
A toi, je crois? mais la r?gle n?est pas respect?e
Qu?importe fon?ons?!
Non, c?est un pi?ge, fonce si tu veux mais fais le seul. Je reste avec nos hommes, plusieurs sont bless?s.

Avec le combat, nous retrouvions nos r?flexes de soldats aguerris par pr?s de 15 ans de campagnes ininterrompues, un peu partout en Europe. L?Art ou la Mani?re?? A chacun sa mani?re, la solitude est, pour moi, une vieille amie ; alors que Da?, lui, r?agissait au sein du groupe.  Je fon?ais donc, l??p?e dress?e ? l??paule.
Rendez-vous ? Bargemon ou en enfer?!
Ce n??tait que pure forfanterie de ma part plut?t destin?e ? effrayer des adversaires moins d?termin?s.
Quelques m?tres plus loin, je ne trouvai que le vide? Nos tireurs avaient d?camp?.
Da???
Oui?!
Ils sont partis, et IL s??loigne?
Je sais, tu sens cette odeur??
????? ?  Le feu, milles tranchants?! Un feu?? Dans ce maquis sec comme un vieux grenier?!!!

Tr?s vite, il devint ?vident que nous ?tions pi?g?s. L?incendie avait ?t? allum? depuis le bas de la pente, il s??tendait rapidement ? cause d?un d?but de mistral qui augurait tr?s mal de notre avenir proche.

Je revins rapidement aupr?s du groupe. Da? Bakemono ?tait d?j? en selle et tenait mon cheval par la bride malgr? la douleur qui devait lui irradier l??paule. D?j? les premi?res flamm?ches commen?aient ? tomber autour de nous excitant b?tes et hommes.
    - Merci?
Allez, fon?ons?! je passe devant, ferme la marche?!
J??tais donc en queue de peloton. Certes, il fallait fuir, rebrousser chemin, mais cela nous maintenait sous le vent avec le feu ? nos trousses? ou bien foncer vers Callas en esp?rant ?tre plus rapide que le front des flammes? Les autres galopaient serr?s, l?un derri?re l?autre, plein sud. J?eus soudain le sentiment d?un nouveau pi?ge. Je choisis de filer sur la droite ? la premi?re intersection, va pour Callas? Et bonne chance mes amis.

Fichu pressentiment et ?a ne faisait que commencer. C?est au grand galop que je d?bouchai soudain dans une petite clairi?re o? tourbillonnaient quelques brebis affol?es. Pour mon cheval, la course ?perdue s?arr?ta net? contre une souche qu?il ne p?t ?viter. Quand je revins ? moi, bien sonn? mais indemne, tout alentour n??tait plus que fournaise?! Fl?ches, fum?es, flamm?ches et maintenant fournaise ? Qu?avais-je donc dit, il y a peu ? Da??? ??qu?importe de mourir???. Oui, mais pas le feu, pas par LE FEU?! Je me souvenais d?autres foyers, des b?chers en d?autres ?poques terribles et des hurlements d?agonie d?un de mes semblables, un templier maudit par un roi. Ce roi dont la cupidit? tenait lieu de sens politique?  L?affolement me gagnait moi aussi comme une b?te, moi d?ordinaire si froid?. Ma pauvre monture hennissait de frayeur ? quelques pas, incapable de se remettre sur pied, l?ant?rieur droit fracass?, sa belle crini?re baie d?j? largement roussie. Je sentis la rage m?envahir? Non, le feu ne me mangerait pas?! Un dernier instant de lucidit?, j?achevais ma monture en lui tranchant le cr?ne, puis ce f?t la fuite ?perdue.

Je br?lais, je hurlais, je ne sais, mais j?en en oubliais presque de souffrir. La course est le meilleur alli? possible dans la lutte ?ternelle de l?homme contre sa peur. En fait, je ne sentais plus rien, m?me plus l??trange pr?sence, Sa Pr?sence, la lutte mill?naire venait de s?effacer d?un coup devant une autre r?alit?. Je n?en menais pas large. J??tais redevenu la B?te dont je vantais les m?rites ? Da?, il y a peu. J??tais La B?te, celle qui ne conna?t qu?une issue?: la fuite ?perdue?!. J?arrivai enfin dans un espace d?gag? sur une corniche de quelques m?tres ? peine d?broussaill?e, le brasier coll? ? mes chausses et mon paletot en feu. Tout au fond de la gorge, une bonne vingtaine de m?tres en contrebas, il me sembla voir une sorte de canyon avec un trou d?eau bord? de figuiers. D?sesp?r?, je sautais?!

Le choc f?t terrible?! J?ai d? perdre connaissance une nouvelle fois. La mort n?est rien, c?est revivre qui est terrifiant. Vous ne sentiez rien, vous n??tiez rien? Et alors tout recommence, ? commencer par la douleur. La douleur de l?eau qui envahit vos poumons est pr?gnante au-del? de tout ce que j?ai d?j? pu subir. Puis vint la morsure de cette eau glac?e qui tentait de me retenir au fond dans les profondeurs obscures de cette faille? Sans vraiment m?en rendre compte, je remontais et ?chouais sur l??troite gr?ve de graviers d?une vasque de porphyre rouge. Nuit de Lune dans ma main gauche me tenait lieu de seul v?tement si l?on excepte les quelques morceaux de cuir noirci et fumant qui couvraient encore mes pieds ainsi qu?un reste de baudrier. Tout ce qui ?tait toile avait br?l? et mon corps n??tait gu?re plus qu?une vaste cro?te noircie.

20 m?tres plus haut l?incendie faisait rage d?vorant hommes, b?tes et v?g?taux mais je m?en moquais, j??tais vivant? Que c?est donc bon?!

Je ne sais combien de temps je passais ainsi, affal? sur la roche, avant que la cicatrisation s?accomplisse?? Je mis aussi un peu de temps avant de me rendre compte du froid ?tonnant qui  m?environnait. J?avais faim?! Un courant d?air glac? venant de l?aval semblait remonter vers le haut des Gorges chassant fort opportun?ment les lourdes volutes de fum?e qui obscurcissaient ? tel point le ciel que le soleil m?en devenait invisible. Je cherchais et trouvais plusieurs cadavres d?animaux moins chanceux que moi, qui pour ?chapper aux flammes avaient pr?f?r? se jeter dans le vide. J?avais faim et la B?te en moi est prompte ? revenir. Je mis peu de temps ? d?sosser un cuissot de sanglier qui fit l?affaire, cru, saignant, enfin ??bleu? plut?t?

La vie revenait et avec elle l?envie pressante de retrouver mes compagnons et aussi de me venger de ce que je venais de subir. Je recherchai la Pr?sence et la sentis plus haut. Quelque chose en moi me poussa ? rompre le contact et ? fermer mon esprit. Grand bien m?en prit.

?plus haut, il y avait une chapelle, sur un promontoire que les flammes entouraient, o? des gens s??taient r?fugi?s.
IL devait ?tre l? avec ses hommes et d?troussait les malheureux. Je fon?ai, prenant avantage du ronflement de l'incendie qui couvrait ma charge. 1, 2 puis 3 malandrins tomb?rent tranch?s avant que les autres ne prennent conscience de la menace, un tir de pistolet, un deuxi?me, les balles qui sifflent non loin, puis un carreau d'arbal?te, celui l? fit mal au niveau de la hanche. Insuffisant pour m'arr?ter, les tireurs malheureux tomb?rent avant de pouvoir fuir. Des 4 autres, un parvint ? fuir les 3 autres furent ?trip?s par les paysans ? qui j'avais redonn? du courage. Le pr?tre s'?tait jet? ? genoux et hurlait je ne sais quel pri?re. Je ressentis alors un grand vide, la haine soudain tomb?e, j'eus la certitude qu'IL ?tait parti avant de remarquer le cercle des natifs hurlant leur joie, qui m'applaudissaient, quel spectacle :
Moi nu, noir de suie, l'?p?e ? la main droite, les femmes qui tentaient de me baiser l'autre main, les hommes qui se congratulaient, le pr?tre terrifi? qui psalmodiait les yeux ferm?s et l'incendie autour faisant rage qui nous envoyait des vagues de chaleur terrifiantes. Tous se r?fugi?rent dans la chapelle, je m'?clipsais d?s que je le pus apr?s avoir r?cup?r? sur l'un des morts un manteau pas trop sali.

Il parait que depuis ce jour maudit, chaque solstice d'?t?, une bougie br?le toute la nuit sur l'autel de cette pauvre chapelle pour honorer l'?tranger surgi des flammes qui sauva la population du d?mon :-) s'il avait su ce brave pr?tre qui nous ?tions...

Interm?de
Bribes de souvenirs fugaces?
Quelques jours plus tard, quelques lieues plus au Sud

Bleus, gris, un peu de vert, la mer est toute de nuances dans la brume maritime. Le soleil matinal joue les chefs d?orchestre dans ce joyeux cama?eu de chatoiements. Chahut?s reflets qui offusquent les paresseuses ondulations de la Grande Bleue, ? quelques pieds de l?, sous ma cachette en canop?e.
Au lointain, l??charpe laiteuse d?un paresseux stratus s?enroule sans entrain sur une cr?te de porphyre rouge au sommet de l?Esterel. L?air est d?j? doux dans une journ?e qui sera torride.
Midi, un marin passe non loin, en goguette, sa catin ? la main, nul ne me vit. Blotti au plus haut dans un pin maritime, non loin du Cap, juste en de?? du sentier douanier?;  l?entrelacs des bras rugueux de cet arbre plusieurs fois centenaire me fait un repaire id?al. Ombre et fournaise, reflets et souvenirs, j?essaie d?appr?hender les derni?res 48h, l?embuscade pr?s de Bargemon, la fuite, le grand incendie et cette mal?fique pr?sence, la certitude pour Da? Bakemono que c??tait moi la cible, alors pourquoi les massacres de paysans, pourquoi les pillages?? Je n?ai rattrap? et ex?cut? que quelques s?ides, je n?ai pas peur, pourquoi ai-je fuit finalement?? J??tais ma?tre du terrain. Ma?tre,  mais impuissant devant le feu. Ma m?moire erre un instant, aux souvenirs lointains d?un pass? r?volu. La menace est toujours l?, non loin, ? tr?pigner de rage dans les volutes ?pais du Grand Incendie. Qui est-il?? Pourquoi moi et pas Da??? Comment nous a-t?il rep?r??? Une fois de plus tel le roseau, je vais m'?clipser et quitter ce pays qui n?est plus mien pour quelque temps. J?entends le marin conter sa vie ? sa mie, il va partir sur le Bell?rophon pour les Confins, en Extr?me Orient. Parfait, j?en serai.

combat manqu?, ?t? 1994, ? l'occasion d'un GN r?alis? par le groupe du DRAGON DRACENOIS, pr?s de la chapelle de Pennafort.
L'adversaire ne s'est pas pr?sent?.
Noir Solitaire
... est de retour
Noir Solitaire #9 20/09/2024 - 21h40

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SOUS LE REGARD DE CORTO?
Le Centre Pompidou? un apr?s-midi bien calme fin du XX?me? Exposition sur la Bd? 9?me Art?  9?me  sous-sol? !

Soudain au d?tour d?une galerie, mon ?il accroche une aquarelle? Il a suffi du regard ?nigmatique d?un marin de dessin et celui, narquois, de son inqui?tant compagnon?! Me voici comme happ? par les souvenirs? 1919, terrible p?riode?! Excellente ann?e pour la mort par contre?!

Me voil? bouscul? en cet instant de si rare et tranquille oisivet? dans lequel je d?rivais insouciant? pour une fois?!

Pratt?! Fieff? r?veur, sacr? menteur?! Maudit bavard mais bon baroudeur?! Je t?ai connu, tu m?as ignor??!  Toutes tes histoires n?y pourront rien changer, mais l?amiral Kolchak, son or, le train blind? et le baron Von Ungern Sternberg ont exist?, pas comme tu les as cont?s?

Gare aux souvenirs?! D?abord, le Froid?! Omnipr?sent, il s?infiltre partout. M?me dans les m?andres ?troits de ma m?moire. L?air est sib?rien dans cette immense plaine blanche de Mongolie. Je n?en avais cure alors?! Et pourtant, je puis encore en sentir comme la terrible morsure. J?y ?tais?! J?ai toujours eu un penchant pour les causes perdues? et la folie?! Celle du Baron Ungern valait elle mieux que celle du T?m?raire en 1477?? je ne sais,  mais j??tais presque heureux au sein de son unit? de cavalerie?

Avec le Froid, il y a le train blind?, la petite bourgade qui ploie sous une cro?te de glace et les odeurs rances des tripots, les ?curies et nos quartiers enfum?s. Nombre des miens  festoyaient ce soir-l? pour oublier, comme chaque soir, l?angoisse des batailles ? venir. Moi, j??tais ??de permanence?de matin? et j?arpentais silencieux avec deux ordonnances dans mon ombre, l?unique quai de la piteuse gare dans une ronde, plut?t symbolique.

Nuit de Lune ?tait dans son fourreau, port?e ? l??paule droite, bien au chaud sous l??paisse fourrure que je ne quittais gu?re. J?avais bien senti les jours pr?c?dents comme une pr?sence lointaine qui se rapprochait? Il y avait aussi les rumeurs de l?avanc?e des Rouges, deux divisions venaient ? notre rencontre, quel honneur?! En montant sur le bastingage de canonni?re, j?ai per?u l?aube incertaine qui pointait dans le lointain gris? sur la bordure montagneuse, vers l?Est?; et en m?me temps, dans mon dos, j?ai cru le sentir tout proche. J?ai sursaut? et Piotr en a d?gain? son arme de service tous les sens en alerte.

??C?est bon, ce n?est rien?! Juste une vieille douleur qui se r?veille de temps en temps?! Allez vous reposer, je vais rester ici encore un peu pour r?fl?chir et fumer une pipe??.

Ils se sont ?loign?s, reconnaissants, sans se douter que nous ne nous verrions plus.  Demain au rapport, Ungern aura perdu un officier, un de plus mais dans mon cas, ce ne sera pas une trahison. Apr?s-demain, ils seront tous morts? au combat ou ex?cut?s?! Mais je ne le savais pas alors. Qu?en bien m?me?? Qu?aurai-je pu y faire?? A chacun son destin?! Le mien est de survivre, or celui qui arrivait ?tait un monstre?!

Il vient? Il est avec les Rouges, il progresse rapidement dans notre direction. Je le sens, puissant, pesant, velu, le bras et le pas d?termin?s. Je l?ai d?j? connu, en un autre temps, un autre lieu? Il ?tait l? ? Parthenay quand d?Eurygies, j?ai d? prendre la force. C?est lui, il se fait appeler le R?dempteur?d?sormais !  Et face ? cette masse de cruaut?, de certitudes absconses, je n?existe quasiment pas. Mais il est inutile de tenter de fuir, il me recherche et me rejoindra. Je vais donner une chance au Baron en privant, peut-?tre, les Rouges, de ce combattant terrible.

Vous ai-je parl? du train?blind? ? Je sais bien que non. Que vient-il faire dans cette histoire?? C?est la pi?ce ma?tresse, il en est le pivot, c?est lui qui m?a inspir??!
Merveilleuse machine de destruction que ce train, insensible ? toute ?motion? comme le R?dempteur?!
Puissant et pesant, au pas cadenc?, ? la course lente mais inexorable et pourtant terriblement pr?visible? comme le R?dempteur?!
Devant, derri?re, ? c?t?, tout autour et m?me loin autour, lorsque d?un ordre, nous d?clenchions le feu, tout n??tait plus que d?solation mais certains en r?chappaient? On peut ?chapper ? la mort si on r?fl?chit?
Les rails, voil? la faiblesse du train?! Il a besoin des rails pour le conduire ? sa proie. Et si le rail dispara?t le train n?est plus rien qu?une masse de m?tal inutile?

Quelle est la force du R?dempteur?? Cela m?me qui fait sa puissance depuis des si?cles?! Il nous per?oit, il nous rep?re de tr?s loin gr?ce ? un don mental particulier tellement plus puissant que le mien mais de m?me nature?!

Merlin? Oui vous avez bien lu?! Merlin l?Enchanteur, aurait dit un jour, ou peut-?tre une nuit, ? l?un de ses ?l?ves?: ??si la Magie te devient b?quille, jette l??!??? Moi, j?ai vu le R?dempteur combattre?! Je l?ai vu combattre et j?ai surv?cu. Il a tu? Ken Yoko ? Parthenay et par bravade il l?a tu? en combattant? les yeux ferm?s?! Demain, je tirerai parti peut ?tre, de cette force, demain je le priverai de sa b?quille?

Et maintenant courir?! Courir, vers mon destin, courir des heures durant dans le Grand Froid, dans la steppe, courir pour redevenir un animal, celui que j??tais autrefois ! Et oublier, aussi?! Oublier l?Homme, oublier l?officier des causes perdues, oublier le pass? et le futur, oublier les all?geances, les haines et les amiti?s, oublier pour ressentir les ?l?ments, redevenir insignifiant dans le vent, face au temps intransigeant?!
?

Voici que reviennent les sensations primaires, l?envie d?uriner, le besoin de mordre, de suer, de me joindre aux loups et de me repa?tre de chair fra?che, saignante. Je suis l?Animal des Temps de Sauvagerie qui m?ont vu na?tre. Je ne savais pas qui j??tais, o? j?allais, ni lire, ni compter, ni m?me que l?Humanit? existait. JE VEUX VIVRE?! Alors je vais combattre et vaincre un adversaire qui pr?tend me traquer?! Puis, j?irais au Japon rejoindre Da? Bakemono mon fr?re d?infortune, lui aussi m?appelle.
?

Voil??! J?ai atteint le lieu de rendez-vous le premier. J?ai la t?te en feu, les sc?nes de bataille d?filent en tous sens dans ma m?moire?
Nous sommes dans une sorte de cirque montagneux travers? par un torrent gel? et sur la pente sud subsiste un reste de for?t de r?sineux tr?s espac?s, une sorte d?enclos dans le lequel les Rouges ont rassembl? leur b?tail, tout ce qu?ils ont pu voler aux malheureux moujiks qu?ils sont cens?s prot?ger?
Je per?ois aussi la pr?sence d?une petite meute de loups attir?e par l?odeur.  Lui aussi m?a per?u, il arrive? Vite, le corral, ouvrir une br?che ? l?oppos? et appeler mes fr?res?!
J?EN APPELLE A LA MEUTE,  j?en appelle ? la B?te, venez mes fr?res et festoyons?!
?

Et maintenant ne plus penser, il per?oit mes pens?es, mais dans ce corral au milieu des b?tes qui commencent ? s?affoler, il ne peut me percevoir que faiblement, tr?s faiblement car je ne suis plus qu?une ?me apeur?e au milieu d?autres? Il accourt presque joyeux pour l?hallali. Le voici qui entre ? son tour alors que le b?tail tente de fuir en tous sens?! Le carnage peut commencer?! Lui-m?me commence ? tuer, agac? par toute cette agitation, afin de progresser ? contre-courant sans se soucier des hurlements des bergers qui ne comprennent rien ? tout cela.  Le sang coule et les b?tes s?affolent encore plus et mes compagnons commencent leur ripaille? D?chiqueter, broyer, ?gorger, quel bonheur, je laisse un temps couler en moi toute cette f?rocit??; ainsi je deviens invisible, ? l?aune de toute cette sauvagerie. Mmmh, se gorger de sensations primitives, si fortes et l?odeur du sang qui affole mes narines. J?en salive abondamment?! J?ai faim?!
Le voil?, il s?est d?gag? et me cherche? Trop tard?! Un court instant, le temps s?est arr?t?. Je ne suis que n?ant, je suis dans ton ombre, l?ombre de la b?te que j?ai r?veill?, l?ombre du loup dont je me suis nourri ? l?aube de ma vie?!

Et c?est bien une b?te, qui bondit dans son dos, sans pens?es, sans haine, avec pour volont? le besoin insatiable de se nourrir. Dans un ciel sans nuage, Noir Solitaire a lanc? Nuit de Lune?! Le R?dempteur s?est ? peine retourn? et l??p?e a chant? car la lune ?tait haute?! Le son terrifiant de cette lame unique retentit ? nouveau?; il a balay? d?une peur insondable tout ce qui portait ?me en cette bourgade, oubli?e par l?Histoire. Chante ma lame, hante les m?moires?et tranche ! Oh oui, tranche et donne moi l??nergie?!

De sa t?te qui roule, je per?ois l??tonnement. Mais l?acc?l?ration arrive?aussit?t alors que tout semble fuir autour de nous?? reculons ! Ah, ?a fait mal et c?est bon ? la fois?

Seuls les loups surpris dans leur festin, h?sitent un instant, avant de reprendre leurs agapes. Avec leur sagesse de simple carnassier,  ils savent que le pire fauve est sans danger, s?il est repu. Da? Bakemono, mon ami, je vais pouvoir te rejoindre?! As-tu per?u du plus profond de tes m?ditations, ce qui vient ? l?instant de dispara?tre?ou crains-tu toujours pour ma vie??

Le b?tail s?est enfui, les bergers poursuivent leurs brebis, mais voici qu?accourent les soldats? Je voudrai rester encore un peu, me coucher dans la neige, sentir le froid et l?humidit? de la terre, mais je dois m?en aller vite ou sinon gare aux balles qui ne me tueraient point mais c?est d?sagr?able?! Avant de quitter cet endroit mis?rable, je me penche sur la d?pouille de celui que je craignais plus que tout. Ecartant le revers de son uniforme, je tire sur la cha?ne d?argent et r?cup?re le troph?e qu?il porte toujours au cou depuis les temps anciens alors qu?on l?appelait?: KURGAN?!
?

f?vrier 1995, aux sports d?hiver dans une station tr?s connue du Grenoblois. ILS se sont donn? RV dans le man?ge d?une ?curie d?saffect?e, 2 Immortels et leurs 2 t?moins.

Cycle des Cendres
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Noir Solitaire #10 12/10/2024 - 15h51

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ERRANCES MALOUINES (1933)

A nouveau, mon humeur vagabondait, nonchalante, sur les sentes incertaines d?exploits pass?s?
Etais je moi-m?me, l?acteur de ces ?v?nements?? Ou tout cela n??tait il qu?un avatar, l?ombre port?e par les souvenirs d?un de mes nombreux adversaires absorb?s??
J?h?sitais?: Prendre la mer me tentait, mais les armateurs devenaient rares, les courses lointaines plus incertaines que lucratives. La Der des Der s??tait achev?e, 15 ans d?j?, elle laissait place, pourtant, ? de nouvelles menaces mondiales? Traverser l?oc?an peut ?tre?? Et rejoindre les Am?riques, on y faisait fortune dit on, dans le Texas ou au Mexique. Quelque chose m?y appelait faiblement mais ?a pouvait attendre. Le Grand Nord alors?? Le lac Ba?kal?..? Bah, bien pour se ressourcer mais pas grand chose ? faire non plus?

Laissant un instant de c?t? le cours de mes songeries, je sentis en arpentant la gr?ve, l?air marin se r?chauffer. Des embruns ti?des port?s par une brise oc?anique soutenue me caressaient maintenant le visage. Le ressac se renfor?ait doucement, la mar?e serait bient?t haute.  Tout concourrait ? bercer cette pensive errance d?une qui?te nonchalance.
A l?oppos?, mon corps,  bouillonnant, exultant encore de la longue promenade sur le Sillon que je m??tais octroy?e. Je fis une courte pause en face du Fort du Petit Bey pour mieux humer l?air du grand large et appr?cier le rythme lent de la houle oc?anique, elle est parfois tr?s forte dans la passe. J?aime sentir sa puissance tranquille impr?gner mes sens pour ensuite calquer mon pas sur son rythme.
Quelques puissantes enjamb?es m?amen?rent en haut des remparts que je longeais, accompagn? des in?vitables et braillards go?lands.
La redescente se fit par un discret escalier de pierres us?es, vers la porte principale de la ville, jusqu?? l?angle form? par les Cordeliers et la Place du poids du Roy. J?aime ? me glisser ainsi dans l?anonymat de la ville comme on entre dans l?ombre pour traverser la l?gende des si?cles.
Le lieu m?apparaissait hors du temps mais non sans rythme. Il fleurait l?aventure marine et aussi, la sueur des journaliers s?y activant. On y c?toyait des marins rudes ? l?accent ?tranger mais aussi, amusants, de gras et velus n?gociants affichant leur opulence pour se donner de la respectabilit?. En arri?re plan, quelques maitres artisans houspillaient de maigres arpettes qui s?activaient pourtant?; autant de situations incongrues, cocasses ou inqui?tantes que la vision large du fauve repu peut en brasser en un instant.

De mon poste, cal? contre les pierres du mur d?enceinte, je percevais les incessants assauts de la grande mar?e. L?oc?an enserrait maintenant la ville dans une ?treinte puissante qui faisait bruire les murs de sourds et lointains coups de boutoirs. L?air ?tait devenu moite?; la populace d?j?, se faisait moins dense?; le soleil presque couchant, voil? bient?t d?inqui?tants nuages, laissa place soudain ? une nu?e hurlante qui se rua sur la Cit? d?j? assi?g?e par des flots rugissants.
Nuit, pluie et fureur sont mes compagnes d?aventure, je sus en un instant que la longue attente me tenant engourdi depuis trois lustres, venait de prendre fin? Un combat s?annon?ait, incertain comme toujours, peut ?tre le dernier?? Cela me laissait pourtant indiff?rent. Etrange cette propension ? accepter l?emballement du destin??

Quelque chose approchait, redoutable sans aucun doute, quelque chose pourtant qui se donnait bien du mal pour m?impressionner. Je remontais alors sur les remparts et m?abritais dans une ?chauguette, haut plac?e, ? l?angle de la tour Bidouane.
Depuis l?affaire contre les jumeaux Earthfire, sur la roche saturnale dans la cit? de Saint Michel, je pouvais communier avec la roche. C?est souvent hasardeux, parfois dangereux, mais ici au sein de cette ville mill?naire que j?ai vu cro?tre, la chose me sembla plus ais?e, j?y ?tais bien, presque un chez moi, m?me s?il n?existe pas. Il me fallut plonger profond dans la m?moire des pierres, loin, tr?s loin dans le temps, pour y retrouver trace d?une vieille mal?diction? Ce n??tait pas ce que je cherchais mais j?y trouvais une force suppl?mentaire.

Au pr?sent, l??ternit? appara?t comme un film acc?l?r?,  je restais surpris par l??nergie que la terre me communiquait, pourquoi, pourquoi moi?? Pour l?heure je pr?f?rais laisser ces questions tapies dans un repli du temps, r?fl?chir plus tard quand j?en aurai  loisir ! Qu?importe la cause n?est ce pas,  quand l?aventure se file sous vos pas?? Je sentais, puissante la fureur de vivre qui revenait et me levait d?termin? ? en d?coudre, l? de suite?! A moi l?inconfort, l?incertitude et la sauvagerie de la lutte pour survivre !
Au fond de ma M?moire, les ?mes de tous ceux que j?avais absorb? dans de br?ves victoires rugissaient d?impatience.
J?avais de nouveau peur, et le besoin de respirer, de suer, de griffer, Nuit de Lune surgit ? ma main senestre?! Va pour b?bord amures, je me dirigeais d?termin? tous sens d?ploy?s vers le port, en face, de l?autre c?t? de l?Anse des Sablons, l? o? le contact aurait lieu.

Mais que faisais je donc l??? Me ruer ainsi vers un danger inconnu? Ce n?est pas moi, cela ? La pluie redoublait et mon paletot d??pais en devint lourd, un instant je pensais m?en d?barrasser?; la chauss?e par laquelle mes pas me menaient, ?tait d?serte. Le large tricorne qui, cette apr?s midi encore, me donnait fi?re allure de quartier ma?tre, ne me prot?geait plus du d?luge. Plus j?avan?ais, plus une esp?ce de froid brouillard semblait monter de la baie. Irr?aliste?! Du brouillard par un tel temps, avec ce vent, cette pluie? Un r?ve?? M?me pas, transi j??tais, mais bouillant d?excitation.  Les flots ne m?effrayaient plus, embrassant d?un regard l?escalier glissant, je descendis vers l?estran. La mar?e commen?ait ? refluer. Je m?arr?tais ? mi pente, ?tourdi par le concert de filins, drisses et bouts, de bois tortur?s qui g?missaient, de coques qui s?entrechoquaient. Dans ce tohu-bohu, c?est l?Ankhou des l?gendes qui chevauchait le vent avec moi. Qui aurait eu l?id?e de se pencher ? la fen?tre et scruter les t?n?bres??
A l?instant, arr?t sur image, la pens?e se figea dans une sensation  de froid glacial. Elle me saisit ? la cheville, gauche. ??Elle????

Un r?flexe, l??p?e qui frappe et tranche. Une autre prise, bride glaciale, on me tire vers le bas des marches, je frappe encore et encore mais trop lentement, le temps lui m?me semble ralentir, des tentacules sortent de la mer et ondulent vers le combattant qui glisse finalement dans l?escalier, s?abat deux marches plus bas, se redresse, frappe encore de taille toujours et tranche? du liquide blanch?tre jaillit en tous sens en longs jets saccad?s, comme si chaque tentacule coup? ?tait une t?te que l?on sectionne. L??p?e, mon (??) ?p?e touch?e par le liquide se met ? vibrer et hurle. Un long sifflement de souffrance, de d?tresse, elle s?arrache de ma main, non ce n?est pas ma main, celle l? est gant?e?; ce n?est pas mon ?p?e non plus, cela ne peut ?tre. Nuit de Lune vibre, elle rugit parfois mais jamais ne g?mirait. Qui suis je?? O??? En m?me temps, il y a dans la t?te cette voix qui susurre?: ??laisse moi faire, laisse toi aller? Que crains tu?? Tu as d?j? vaincu la mort, accepte moi, vient en moi, je te prends, je t?accueille???. Et je me sentis glisser dans une liquide agonie?

Cauchemar, ballot?, des formes fluides rampent et enserrent, des doigts humides fouillent la pens?e, et cette pr?sence qui jauge, palpe, m?che et me rejette finalement, me d?pose plut?t, presque tendrement sur la gr?ve, apais?. Le repos enfin?? Puis le froid ? nouveau, terrible, le baiser glac? des flots t?n?breux?: il vous arrache de la bien portante insouciance de la non vie. L?esprit est aspir?, haut, tr?s haut, au dessus de la for?t de m?ts, au dessus m?me des plus hautes toitures de St Mal?. La mer vers le bas, une plage et un corps qui flotte entre les brisants, un corps repouss? sur la gr?ve par les vagues, un corps qui ne peut mourir comme les autres mais semble inconscient.
Le temps reprend son cours avec la vie qui revient et la douleur avec.
La mar?e se retire, et rel?che sur le sable les reliefs de ses sous-marines agapes. Le corps est toujours ballot? par le ressac.
Deux prostitu?es s?approchent, croyant ? un noy?, ?tonn?es de l?aubaine. Elles tirent le cadavre un peu plus haut dans l?ombre plus ?paisse de la jet?e,  afin que nul, m?me l?ivrogne plus haut sur le quai, ne puisse les voir dans leur inavouable affaire. Grognement, une main puissante enserre un poignet fragile. La voix est rauque, le souffle court mais on le sent redoutable ? nouveau. O? suis-je?? G?ne et confusion dans la f?minine engeance. Sourires et app?t du gain aussi. L?affaire ne sera pas si mauvaise apr?s tout??
Voil? la vie qui revient, qui doit la vie ? qui?? On le hisse, on l?emm?ne au chaud...

??Mestre, mestre????? Elle me touche l?g?rement l??paule. Je sursaute, je m??tais assoupi sur une borne de coche. La fille se penche, comme si elle ?tait inqui?te.
??Vous ?tes ? ma place, c?est pas un endroit pour un seigneur comme vous, voil? et Mmh?, mais si c??tait votre bont? de m?offrir une bol?e, il fait froid ce soir??.
- Va pour une bol?e?! Tu me raconteras les ragots de la ronde alentours?; ?a me sortira bien de mes f?cheuses pens?es, je dois oublier. Je r?fl?chirai ? tout cela? plus tard.

Nous entrons dans la taverne la plus proche, l?atmosph?re est chaude, humide aussi, enfum?e. Une fille ? la voix aigre chante sans talent ni enthousiasme, une chanson qui n?existe pas encore, que je n?ai connu qu?apr?s demain, c??tait hier au si?cle d?avant?:

? Allez venez Milord, vous asseoir ? ma table?


St Malo ? s?jour de jeux du Corsaire Ludique ? quelqu?un me glisse un papier dans la poche pour un d?fi, rendez vous ? minuit Anse des Sablons ? Ce soir l?, il pleut? tr?s fort?!
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Noir Solitaire #11 12/10/2024 - 15h52

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?La mort de DAI BAKEMONO?

R?cit de la mort du fils du Mont Bleu par E.G.

    En ce jour du samedi 21 avril 1990, les orages ?clat?rent. Mais ce n??tait point des orages ordinaires comme le commun des mortels pouvait les concevoir. Ces orages annon?aient la fin d?un Immortel. Comme sa puissance devait ?tre grande?! Mais il n?est pas mort en combattant, il a lui-m?me donn? fin ? ses jours. Moi qui ?tait son meilleur ami mortel, je vais vous narrer comment il proc?da et pourquoi?

    Aujourd?hui DAI BAKEMONO s?est donn? lui-m?me la mort en faisant ??SEPPUKU??, le suicide rituel r?serv? aux BUSHIS, pour garder son honneur sauf et mettre fin ? cette mascarade qu??tait sa vie d?HIGHLANDER. Mascarade en effet, car il ne trouva jamais qu?un adversaire qui accepta de le combattre?; et malgr? les nombreux d?fis qu?il lan?a, il n?e?t jamais de r?ponse. Il m?avoua que le seul qui eut m?rit? de prendre sa vie ?tait le NOIR SOLITAIRE. Mais ce dernier, brave guerrier, n??tait autre que son alli? et leur combat ?tait donc impossible.

    DAI BAKEMONO s?ouvrit donc le ventre sans que cet acte lui arrache une autre r?action qu?un sourire. Puis il tourna son regard vers moi et, comme le veut la tradition, je lui tranchai la t?te ? l?aide de son propre sabre.

    Si je vous raconte sa fin, c?est parce qu?il m?a demand? que celle-ci ne soit pas inutile et qu?elle serve d?exemple ? tous les pleutres qui se cachent dans l?espoir d??tre les derniers sans jamais avoir ? combattre?; Mais ceux-l? ne sauront jamais ce qu?est l?Honneur et la Bravoure qui font les vrais combattants?

Il a laiss? aussi un court message que je lui ai promis de transmettre par tout moyen ? ma convenance. J?imagine qu?ainsi son destinataire le recevra comme il se doit?m?me si tout cela est tr?s loin, le temps n?a para?t-il pas de prise sur ces ?tres :
    Adieu Noir Solitaire, mon noble ami?! Malgr? ta noirceur d??me, je te souhaite d?avoir le prix. Que ta lame soit sans piti? et ton esprit toujours implacable. Sache que mon ?me sera toujours ? tes c?t?s? A bient?t, en enfer?!

Seppuku ex?cut? en solitaire au coeur de l'?t? apr?s que le DERNIER TAARAKIEN ait fuit pour la troisi?me fois le d?fi de DAI BAKEMONO. Le DERNIER TAARAKIEN a ?t? alors banni du cercle des immortels
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Noir Solitaire #12 12/10/2024 - 15h52

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?Dernier vol de l?Ombre?

R?cit du combat entre KAGEMUSHA et NOIR SOLITAIRE

    L?ombre est une r?gion ?trange, vraiment?! A-t?elle seulement des lois qui puissent ?tre viol?es?? Ou de simples rites susurr?s dans le vent qui souffle sur les si?cles?? Les murmures engourdis que le temps acc?l?re, en longues plaintes navrantes, peuvent-ils ?tre saisis par l?imaginaire?? Quand le ciel est ?toil? et que le vent du Nord s?infiltre sous la porte, qui oserait nier avoir craint pour son ?me??

    KAGEMUSHA?! Ombre du guerrier ou pas?? Je te cherchais dans les contes, histoires incertaines et po?sies interdites, dans les l?gendes errant par del? toute litt?rature. En ce temps l?, l?harage? n??tait pour moi qu?un vague murmure qui signalait l?approche d?un de mes semblables, une sorte de g?ne, un bourdonnement diffus alertant tous mes sens.

    Nous aurions pu nous chercher tr?s longtemps dans cette cit? qualifi?e ??des lumi?res?? et il a fallu que tu viennes, dans cette salle d?armes o? je professais alors? Dans l?ombre d?un regard, au d?tour d?une botte os?e, nous nous sommes compris?! Puisse le temps, remonter un instant, au-del? de mon premier ?veil, pour ce combat que tu as voulu aux Ar?nes de Lut?ce? l? o? tu connus ta seconde naissance?! Oh, mannes impalpables, romaines ou parisii de tous les malheureux, hommes ou femmes courageux? ou couards? morts en ces lieux l?arme ? la main ou sacrifi?s? Sans doute, ce fut l?, votre dernier spectacle, car ? la fin de nous deux, le vainqueur absorba, une terrifiante ?nergie.

    Bref, violent, comme d?sesp?r?, tu t?es ru? ? l?assaut sans l?ombre d?une chance. Je frappais sans jouir de ta t?te qui roula aux pieds d?Heriador, le t?moin, avant de rebondir de gradin en gradin. Le temps comme toujours s?est arr?t? un instant et c?est ainsi, que nous la v?mes, chuter sans fin, dans le puit des si?cles s??coulant inexorablement. Cela nous ramenait ? notre condition, bien ?ph?m?re malgr? toutes les vies v?cues, celles qui le valaient comme celles qu?on aurait pr?f?r? oublier. C?est ainsi?! Je crois avoir gloutonn? les mannes des involontaires t?moins de cette rencontre? J?en porterai longtemps la trace d?sesp?rante?! Qu?importe, apr?s tout?! Car je me dois de survivre et je viens de gagner une fois de plus un long sursis solitaire. Et puis, tout n?est que l?gende qui d?forme sous la plume?!

    KAGEMUSHA, tu resteras l?gende?; et toujours aussi solitaire, j?entretiendrai tes rimes? Aussi longtemps qu?il m?en sera possible?! Un souffle de vent, bise glaciale apportant un hiver tardif, s?est lev? gla?ant la roche de longs fr?missements bleut?s? C?est l?ombre de la mort qui m?a fr?l? autrefois et n?a pas voulu de l?animal que j??tais alors.  Une ombre de plus s?est envol?e avec elle, dans les replis incertains d?une m?moire qui s?alourdit ? chaque nouveau combat, ? chaque nouvelle victoire.

    ? m?me le sol, quelque part entre les gradins us?s, gisent quelques restes calcin?s vite balay?s par les premiers flocons?; sous la pierre, sentinelle interdite aux portes d?un royaume mill?naire, dort une ?p?e vaincue que je cachais soigneusement. D?un oubli inexorable, elle attend encore, tranquillement, la fin de notre ?ternit?.

... combat en cercle restreint, organis? au parc des Ar?nes de Lut?ce lors de la sortie officielle d'une extension MAGIC, ? quelques pas de la boutique OEUF CUBE - PARIS.
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Noir Solitaire #13 15/11/2024 - 14h17

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L?EMBARCADERE (V?li Lukije Adriatique) ? Rencontre improbable avec Corto Malt?se
(cf autre sujet du lieu pour l'illustration, couleur SVP, d'autres ?tant disponibles.)

L?alcool aidant, l?esprit errant, j??tais entr? ? nouveau en Terre de songes. Les songes gris, les songes creux, ceux du pass?, lointain, si lointain?; m?lancolie, incertitude, les songes qui rongent lorsque la m?moire tremble, remords ou regrets? de vies incertaines, inachev?es, d?amours perdus subitement, de paternit?s avort?es? d?odyss?es rompues?au sens perdu.
L?esprit repu, le corps fourbu, l??me au repos, l?ouzo bien frais dans le haut verre attend ma premi?re lamp?e, je r?vassais.

Il faisait bon, un peu chaud peut ?tre ? mon go?t? pour un automne adriatique et les sons, les odeurs me ramenaient bien loin en d?autres temps plus insouciants?  plus sauvages aussi quand seule l?envie guidait mes pas et gouvernait mes sens.
La baraque oui, bien s?r, elle a son importance. Une baraque de guingois, semblable ? tant d?autres, ?puis?e d?avoir trop accueilli de badauds, marins d?eau douce ou soldats ?gar?s, maris lass?s, meurtris, pauvres h?res harass?s, que l?alcool ramasse et m?ne doucement ? la camarde.
Une baraque isol?e, sous une improbable couche de vernis crasseux, avec sa d?su?te terrasse de vieux bois vermoulu, semblait ? l?abandon. On y servait pourtant les meilleurs alcools de toute l??le. La piste de sables gris ? ses pieds menait ? une lagune d?un autre temps, comme oubli?e l? par les vents de l?aventure.

Et dans ce tableau digne d?un Hemingway, en noir et blanc, gris et s?pia, un d?tail soudain fit tache. Fleur exotique, chevelure auburn, son pas lascif, postures alanguies, ramena inopportun?ment mon regard errant vers l?estran.
??Elle?? s?appr?tait ? s?alanguir s?offrant impudiquement aux paresseux rayons d?un soleil expirant?
Je levais d?un souhait une l?g?re brise d?autan pour qu?elle se renforce. De maigres nuages se pr?lassaient dans l?azur, les regardant nonchalant, je fis ce qu?il fallait?: Oui, oui, la brise devrait fraichir, le ciel s?assombrir. Quelques go?lands ?tonn?s, regagn?rent la rive, ajoutant une enivrante cacophonie, aux sons d?un port qui sentit soudain venir le coup de vent?; l??cheveau des drisses et mats commen?a ? chanter, ? siffler et cliqueter. Vint la lumi?re d?clinante, fureteuse, pour faire de la vue comme un vitrail inspir?? quelques rayons lumineux sortirent de la brume marine pour illuminer le tableau, indiquant au profane le d?tail qui va donner sens ? la sc?ne.

Un d?tail?? Oui, oui, Bouche Dor?e, je t?entends, je le vois, il arrive?
La silhouette sortit de la brume en bout de jet?e comme je sors de l?ombre un soir d?aventure.  Il ?tait l? tout simplement? veste longue sombre et casquette marine, l?anneau ? l?oreille gauche, l?allure nonchalante de celui qui n?est pas las d?attendre que son destin le rattrape.

Deux regards qui se croisent, deux paires d?yeux tranquilles qui saisissent sans plisser l?imperceptible nuance. Il s?arr?te. Je durcis le trait un instant improbable avant de LE reconna?tre, l?aventurier, le compagnon, r?ve ou folie, celui qui est et va o? il veut?; sans justification ? donner. Que fait il l??? Ah oui, Il ??La?? cherche?!
L?invite au bout du doigt? Il accepte, approche et s?assied, ni fatigu?, ni inquiet avec cet air ?trange, ce regard presque amus? qui bouscule toute m?fiance.
- ? ??Elle?? ?tait l???
- Oui, ??Elle?? y ?tait ? l?instant mais l?orage est arriv??
- Dommage, buvons alors. Sant???
? A l?Aventure?!
? Oui, tostada?!


?ils regard?rent un temps encore l?orage exulter alentours, le temps peut ?tre que ne s?installe la nuit et que les flots s?apaisent. Puis, imperceptiblement le  tableau lui-m?me  s?effa?a, un peu comme un film muet qui s?ach?ve? Une derni?re ?tincelle sur l??cran, un dernier crachotement, le silence se craqu?le, la salle s??veille et la vie reprend.

... printemps 2002 ? Ile de Losinj ?

Une randonn?e en kayak de mer, je me d?lasse avec un ami  dans une petite taverne ? un homme entre et s?assoit face ? nous. Il me fixe d?un air hallucin?? le dialogue s?engage dans un fran?ais h?sitant?:
- ??tu l?as vue? elle????.
-  ??Non??
- ??Ah?? tu as ses yeux pourtant, les yeux de l?aventure??


Cycle du Vent
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  • Sujet Clos

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